Types de sociétés en Hongrie : panorama complet des formes juridiques

Choisir sa structure est la première décision concrète d’une implantation à Budapest. Les types de sociétés en Hongrie couvrent un éventail assez classique, de la SARL locale aux sociétés par actions, en passant par les formes de personnes et la simple succursale. Cette page détaille chacune d’elles, avec les capitaux minimums exacts en forint et les conséquences en matière de responsabilité, pour vous aider à arbitrer.

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Comprendre les types de sociétés en Hongrie avant de choisir

Le droit hongrois distingue, comme la plupart des systèmes continentaux, les sociétés de capitaux et les sociétés de personnes. Dans le premier groupe, la responsabilité des associés se limite à leurs apports ; dans le second, un ou plusieurs associés engagent leur patrimoine personnel sans plafond. À côté de ces structures dotées de la personnalité morale, on trouve l’entrepreneur individuel et la succursale d’une entreprise étrangère, qui obéissent à des logiques différentes.

Une précision de vocabulaire utile : la Hongrie n’a jamais adopté l’euro. Elle est membre de l’Union européenne depuis le 1er mai 2004 et de l’espace Schengen depuis décembre 2007, mais sa monnaie reste le forint hongrois (HUF), pilotée par la banque centrale (MNB). Tous les seuils de capital figurent donc en forint. Pour fixer un ordre de grandeur, on retiendra dans cette page l’approximation 1 € ≈ 400 HUF, étant entendu que le taux de change réel fluctue (autour de 409 à 422 HUF pour un euro en 2025). Les équivalents en euros donnés ci-dessous sont indicatifs, jamais des montants juridiques.

Le choix d’une forme n’est pas qu’une question de capital. Il dépend du nombre d’associés, de l’ambition de levée de fonds, du degré de protection patrimoniale recherché et de la nature de l’activité. Dans l’immense majorité des projets portés par des entrepreneurs étrangers, une seule forme s’impose, et nous commençons par elle.

La Kft. : la SARL hongroise, forme reine

La Kft. (korlátolt felelősségű társaság) est l’équivalent direct de la SARL française. C’est la forme dominante du pays : PME locales, holdings, sociétés d’e-commerce, structures de service, presque tout passe par elle. Sa réussite tient à un compromis simple : la responsabilité des associés est limitée à leurs apports, et les contraintes de fonctionnement restent légères par rapport à une société par actions.

Le capital social minimum d’une Kft. est de 3 000 000 HUF, soit environ 7 500 €. Ce montant peut sembler élevé sur le papier, mais le droit hongrois autorise une libération échelonnée : il n’est pas obligatoire de verser l’intégralité du capital à la constitution. Une partie peut être appelée ultérieurement, ce qui allège considérablement la trésorerie de départ. Une Kft. peut compter un associé unique comme plusieurs associés, personnes physiques ou morales.

C’est la forme que retiennent la plupart de ceux qui veulent créer une société en Hongrie pour une activité commerciale ou de holding, parce qu’elle conjugue protection du patrimoine, souplesse de gestion et reconnaissance immédiate par les banques et les administrations. Le dirigeant porte le titre d’ügyvezető (gérant).

Zrt. et Nyrt. : les sociétés par actions

Lorsque le projet vise une structure de capital plus sophistiquée ou une ouverture à des investisseurs, on bascule vers la société par actions (részvénytársaság, Rt.). Le droit hongrois en distingue deux variantes.

La Zrt. (zártkörűen működő részvénytársaság) est la société par actions fermée, comparable à une SA non cotée. Son capital minimum est de 5 000 000 HUF, environ 12 500 €. Ses titres ne sont pas négociés sur un marché public ; elle convient aux groupes, aux co-entreprises et aux entreprises qui souhaitent une gouvernance par actions sans s’introduire en Bourse.

La Nyrt. (nyilvánosan működő részvénytársaság) est la société par actions cotée, dont les titres peuvent être admis sur un marché réglementé. Son capital minimum grimpe à 20 000 000 HUF, soit de l’ordre de 50 000 €. C’est une forme rare pour une implantation entrepreneuriale classique : elle s’adresse aux grandes entreprises et aux opérations de marché. Pour une levée de fonds privée, la Zrt. suffit le plus souvent ; la Nyrt. n’a de sens qu’avec une véritable cotation en perspective.

Bt. et Kkt. : les sociétés de personnes

À côté des sociétés de capitaux, deux formes de personnes existent. Elles n’imposent aucun capital social minimum, ce qui peut séduire, mais elles engagent le patrimoine des associés, ce qui change radicalement le profil de risque.

La Bt. (betéti társaság) correspond à la société en commandite simple. Elle réunit au moins un associé commandité, responsable de façon illimitée des dettes sociales, et au moins un associé commanditaire, dont la responsabilité se limite à son apport. C’est une structure historiquement utilisée par les très petites activités familiales.

La Kkt. (közkereseti társaság) est l’équivalent de la société en nom collectif. Tous les associés y sont responsables de manière illimitée et solidaire des dettes de la société. Aucun capital minimum n’est exigé, mais l’absence de plafond de responsabilité en fait une forme à manier avec prudence.

Ces deux structures sont peu adaptées à un entrepreneur étranger cherchant à isoler son patrimoine. Lorsqu’on examine sérieusement les types de sociétés en Hongrie sous l’angle de la protection, la Kft. reprend presque toujours l’avantage sur la Bt. ou la Kkt., précisément parce que la responsabilité y est plafonnée.

Egyéni vállalkozó et Fióktelep : entrepreneur individuel et succursale

Deux autres voies ne créent pas une société de capitaux à proprement parler.

L’egyéni vállalkozó est l’entrepreneur individuel : une personne physique qui exerce en son nom propre, sans personne morale distincte et sans capital minimum. C’est l’option la plus légère pour un travailleur indépendant, mais elle n’offre aucune séparation entre patrimoine professionnel et personnel.

Le fióktelep est la succursale d’une société étrangère. Ce n’est pas une entité juridique autonome : c’est un établissement de la société mère étrangère, immatriculé en Hongrie pour y exercer une activité. La succursale n’a donc pas de patrimoine propre distinct de celui de la maison mère, qui répond des engagements pris localement. C’est une solution pour une entreprise déjà constituée à l’étranger qui veut une présence hongroise sans créer une filiale de plein droit.

Associés se serrant la main après la signature des statuts d'une société en Hongrie

Tableau comparatif des formes juridiques

Le tableau ci-dessous récapitule l’essentiel : appellation hongroise, équivalent français, capital minimum exact, régime de responsabilité et usage typique.

FormeÉquivalent FRCapital min.ResponsabilitéUsage typique
Kft.SARL3 000 000 HUF (≈ 7 500 €)Limitée aux apportsPME, holding, e-commerce
Zrt.SA fermée5 000 000 HUF (≈ 12 500 €)Limitée aux apportsGroupes, levée de fonds privée
Nyrt.SA cotée20 000 000 HUF (≈ 50 000 €)Limitée aux apportsGrandes entreprises, cotation
Bt.Commandite simplePas de minimum légalMixte (commandité illimitée)Très petites activités
Kkt.SNCPas de minimum légalIllimitée et solidaireActivités entre associés de confiance
Egyéni vállalkozóEntrepreneur individuelIllimitée (personne physique)Indépendant
FióktelepSuccursale étrangèreSociété mère étrangèrePrésence d’une société étrangère

La lecture est sans ambiguïté pour la plupart des projets : la Kft. offre le meilleur rapport entre protection, capital raisonnable et simplicité. La Zrt. prend le relais dès que l’on structure du capital ou que l’on prépare des entrées d’investisseurs.

Responsabilité limitée ou illimitée : l’arbitrage central

C’est le critère qui sépare le plus nettement les formes entre elles. Dans une Kft., une Zrt. ou une Nyrt., un associé ne peut perdre que ce qu’il a apporté ; ses biens personnels restent en principe à l’abri des créanciers de la société. Cette séparation est la raison d’être des sociétés de capitaux.

Dans une Kkt., à l’inverse, chaque associé répond sans limite, sur son patrimoine propre, des dettes sociales. Dans une Bt., le commandité est dans la même situation, tandis que le commanditaire est protégé à hauteur de son apport. L’entrepreneur individuel, lui, ne dispose d’aucune barrière : il est confondu avec son entreprise.

Pour un porteur de projet étranger, ce point pèse lourd. Renoncer au capital minimum d’une Kft. en choisissant une Bt. ou une Kkt. revient souvent à troquer 7 500 € de capital (libérable de façon échelonnée, qui plus est) contre une exposition patrimoniale illimitée. L’économie est rarement justifiée.

Immatriculation : un parcours commun à toutes les sociétés

Quelle que soit la forme retenue, l’immatriculation suit un circuit centralisé. La société est inscrite au registre du commerce tenu par le tribunal des sociétés, le Cégbíróság, via une procédure électronique. À l’issue, l’entité reçoit ses identifiants : le cégjegyzékszám (numéro d’immatriculation), l’adószám (numéro fiscal) et, pour les opérations intracommunautaires, un numéro de TVA intracommunautaire (préfixe HU suivi de huit chiffres).

Un point est non négociable en Hongrie : les statuts doivent être contresignés par un avocat hongrois (ügyvéd), qui se charge également de leur dépôt sur le portail officiel. Cette intervention n’est pas une option mais une obligation légale, et elle conditionne la validité de la constitution.

Le délai habituel d’immatriculation est de l’ordre de trois à cinq jours ouvrés. Une procédure simplifiée, fondée sur des statuts-types, peut le réduire à un à trois jours. La société doit disposer d’un siège social en Hongrie, une domiciliation étant possible, et désigner un gérant (ügyvezető).

Créer à distance, sans se déplacer

La constitution peut s’effectuer à distance, par procuration donnée à l’avocat, sous réserve des contrôles d’identité et de conformité (KYC/AML). Cette possibilité explique l’intérêt de la Hongrie pour des entrepreneurs francophones qui ne résident pas sur place : il est techniquement possible de monter sa Kft. sans voyage préalable, l’avocat assurant le dépôt des statuts.

Il faut toutefois nuancer pour l’étape bancaire. L’ouverture du compte société requiert le plus souvent la présence physique d’un dirigeant pour les vérifications réglementaires, même si certaines banques acceptent une procédure à distance avec une documentation renforcée. Ce sujet mérite une attention particulière, que nous détaillons dans la page consacrée à ouvrir un compte bancaire en Hongrie, car le capital en numéraire d’une Kft. transite par ce compte société.

Filiale ou succursale, holding via la Hongrie

Une question revient souvent chez les groupes : faut-il une filiale ou une succursale ? La filiale, typiquement une Kft. détenue par la société mère, est une personne morale hongroise distincte, à la responsabilité plafonnée, qui isole le risque local. La succursale (fióktelep) reste un prolongement de la société mère étrangère, sans personnalité distincte : la mère assume directement les engagements pris en Hongrie. La filiale protège mieux ; la succursale est plus simple à fermer et n’implique pas de capital propre.

La Hongrie sert aussi de point d’ancrage pour des structures de holding européennes. Deux atouts y concourent : l’impôt sur les sociétés à 9 %, le plus bas de l’Union, et l’absence de retenue à la source sur les dividendes versés à une société, qu’elle soit résidente ou non. Une Kft. ou une Zrt. peut ainsi recevoir et redistribuer des dividendes inter-sociétés sans frottement fiscal local. Ces mécanismes sont développés dans la page sur les impôts en Hongrie, avec les nuances importantes liées à l’imposition des personnes physiques et à la fiscalité internationale.

Fiscalité commune et critères de choix

Toutes ces formes partagent le même cadre d’imposition des bénéfices. L’impôt sur les sociétés (társasági adó) s’applique au taux unique de 9 %, inchangé depuis 2017, et constitue le taux le plus bas de l’Union européenne. La forme juridique ne modifie pas ce taux : une Kft. et une Zrt. sont imposées de la même manière sur leurs bénéfices. Pour un comparatif des autres prélèvements (TVA, taxe locale, contributions), c’est encore la page impôts qui fait référence.

Un avertissement de prudence s’impose pour un résident fiscal français. Depuis le 1er janvier 2025, il n’existe plus de convention fiscale entre la France et la Hongrie : la France a dénoncé l’ancienne convention. En l’absence de texte, le risque de double imposition devient concret, et la substance réelle de la société comme la déclaration en France sont déterminantes. La Hongrie étant membre de l’UE, l’échange automatique d’informations (CRS/DAC) s’applique : ce n’est pas un paradis fiscal, mais une juridiction à faible imposition. Ce point ne dépend pas de la forme choisie ; il relève de la situation personnelle de chaque associé.

Au moment d’arbitrer entre les différents types de sociétés en Hongrie, quatre questions suffisent généralement à trancher : combien d’associés ? Faut-il protéger le patrimoine personnel ? Une levée de fonds est-elle envisagée ? Et quel niveau de formalisme accepte-t-on ? Pour un projet de commerce, de service ou de holding mené par un ou plusieurs associés étrangers, la réponse converge presque toujours vers la Kft. Si l’on prépare l’entrée d’investisseurs, la Zrt. devient pertinente. Les autres formes répondent à des cas particuliers. Pour resituer ces choix dans l’ensemble du projet d’implantation, la page d’accueil dédiée à la société en Hongrie présente le parcours complet, du budget à la mise en route.

Questions fréquentes

Quelle est la forme de société la plus courante en Hongrie ?

La Kft. (korlátolt felelősségű társaság), l’équivalent de la SARL française, est de loin la forme dominante. Elle est utilisée par la grande majorité des PME, des holdings et des sociétés d’e-commerce, parce qu’elle limite la responsabilité des associés à leurs apports tout en restant souple à gérer.

Qu’est-ce qu’une Kft. ?

La Kft. est la société à responsabilité limitée hongroise. Son capital minimum est de 3 000 000 HUF (environ 7 500 €), libérable de façon échelonnée. La responsabilité des associés se limite à leurs apports, et elle peut compter un seul associé comme plusieurs. C’est la forme retenue par défaut pour la plupart des implantations.

Quel capital minimum faut-il pour une société en Hongrie ?

Cela dépend de la forme. La Kft. exige 3 000 000 HUF (≈ 7 500 €), la Zrt. (SA fermée) 5 000 000 HUF (≈ 12 500 €) et la Nyrt. (SA cotée) 20 000 000 HUF (≈ 50 000 €). Les sociétés de personnes (Bt., Kkt.) et l’entrepreneur individuel n’ont aucun capital minimum légal.

Un étranger peut-il créer une société en Hongrie ?

Oui. Un non-résident peut détenir et diriger une société hongroise, et la constitution peut même se faire à distance par procuration donnée à un avocat hongrois, sous réserve des contrôles d’identité. Le délai d’immatriculation est d’environ trois à cinq jours ouvrés. L’ouverture du compte bancaire demande en revanche le plus souvent la présence d’un dirigeant.

Quelle différence entre une filiale et une succursale en Hongrie ?

Une filiale (typiquement une Kft.) est une société hongroise distincte, à responsabilité limitée, qui isole le risque local. Une succursale (fióktelep) n’a pas de personnalité juridique propre : c’est un prolongement de la société mère étrangère, qui répond directement des engagements pris en Hongrie.

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